Marathon de Paris 2009 : J+4
Ecrit par Steph, le 9 avril 2009
Après plusieurs semaines de préparation et 6 mois d’attente, j’ai participé au Marathon de Paris 2009 le week-end dernier.
Cette première expérience sur Marathon est pour moi une réussite, après 4 heures et 08 minutes de plaisir et de souffrance j’ai franchi la ligne d’arrivée avec une certaine fierté.
Le terme plaisir peut être employé car la course à pied dans de telles conditions c’est tout simplement énorme, et souffrance car les derniers kilomètres ont été très difficiles physiquement.
Voici donc un petit retour sur mon court séjour en région Parisienne, en compagnie de Cathy, que je remercie au passage pour son remarquable soutien. Merci également à Delphine et Romain pour l’hébergement et pour tout le reste
.
Samedi 4 Avril 2009, notre train part à 8h tout pile de la Gare de la Part-Dieu à Lyon, direction Paris Gare de Lyon. Aucun retard, pour une fois c’est agréable.
Nous arrivons à Paris à 10h et des poussières, pour se diriger directement Porte de Versailles pour le Marathon Expo et ainsi récupérer mon dossard 31820. L’organisation du Marathon de Paris conseille de venir n’importe quand sauf le Samedi pour cela, mais en habitant loin ce n’était pas possible techniquement.
A 11h, la file d’attente n’est pas exceptionnelle. Je ne patiente pas plus de 5 minutes parmi les coureurs présents. Quelques secondes après j’ai enfin le précieux sésame en main, ainsi qu’un beau T-Shirt, un sac à dos et un “sac poubelle” pour patienter sur la ligne de départ du lendemain.
Nous visitons les stands que j’estime obligatoire : Asics, Polar, Jogging International, Marseille-Cassis et plein d’autres courses tout aussi intéressantes. J’achète quelques souvenirs et accessoires (inutiles ?) et nous partons en balade dans Paris pour un après-midi détente.
Le stress devient omniprésent au fil de la journée, jusqu’au coucher. La nuit précédente a été très courte et j’ai besoin de sommeil avant la course.
Dimanche 5 avril 2009, c’est le grand jour. Je me lève à 6 heures pour manger et prendre des forces avant le départ. Le réveil est difficile, mais je ne sens pas spécialement la fatigue.
J’arrive à 7h20 sur les Champs-Elysées. Le départ est mis en place et il ne manque plus que les SAS prévus pour regrouper les participants. Il ne fait pas froid et le soleil pointe le bout de son nez, la météo est clémente et c’est une chance !
Après quelques photos je descends tranquillement l’avenue qui est coupée à la circulation, les Champs-Elysées de cette façon c’est très rare et j’apprécie le fait de marcher en plein milieu de la route sans aucune gêne de circulation et presque sans personne.
Je me positionne ensuite au niveau du SAS 4 heures et j’attends impatiemment le départ. Je suis à peu prêt au niveau de chez Nespresso et Hugo Boss alors que la ligne de départ est devant le Fouquet’s quelques dizaines de mètres plus bas.
Les coureurs arrivent petit à petit et le speaker commence à donner de la voix en Français, en Anglais, en Espagnol et en Allemand, et oui le Marathon de Paris est un Marathon International, il faut satisfaire tout le monde.
Autour de moi il y a plusieurs styles de personnes mais très peu de jeunes de moins de 25 ans comme moi. J’aperçois des Mexicains, des Irlandais, des personnes d’un certain âge, des gens stressés ou encore de grands blacks costauds prêts à en découdre.
Cela passe très vite et lorsque je me retourne je vois la foule, c’est très impressionnant car plus de 30 000 personnes sont là. Le speaker annonce le départ des Handisports à 8h35, il reste 10 minutes à attendre avant le départ.
A 8h45 les fauves sont lâchés. Je mets environ 10 minutes à passer la ligne de départ, les premiers sont déjà pas loin de la Bastille à ce moment là. En passant devant la tribune officielle j’aperçois plusieurs têtes connues, mais je me concentre sur ma course qui commence enfin.
Je fais attention à ne pas partir en surrégime lors de la descente de la plus belle avenue du monde, je déroule tranquillement en profitant de l’ambiance exceptionnelle : des coureurs partout, un public tout au long du parcours et des animations tous les 2 ou 3 kilomètres.
C’est génial et en plus j’ai de très bonnes sensations. Je suis enfin sur la photo qui fait le tour du monde et je me dis que les Champs-Elysées sont plein de haut en bas, en faisant un coucou au passage à la caméra de France 3 perchée 20 mètres au dessus du sol.
Sans objectif de temps, je profite au maximum de ce qui se passe autour de moi. Je trouve la rue de Rivoli un peu trop longue à mon goût, mais l’ambiance me fait vite oublier ce point de détails.
Je ne sens pas du tout de fatigue pour l’instant, je passe place de la Bastille, place de la Nation puis j’arrive dans le bois de Vincennes. C’est la première fois que je mets les pieds ici, je me ravitaille et au passage j’admire le superbe Château. Je ne l’avais jamais vu et je dois dire que c’est un très beau monument.
Bon je ne suis pas là pour faire du tourisme, donc après une pause pipi le long d’un grillage je me rends compte que je suis parti depuis plus d’une heure déjà. Je n’ai pas vu le temps passer.
A ce moment là, je me positionne entre le meneur d’allure 3h45 et celui de 4h et tout va bien. Au kilomètre 15 je dépasse Cécile qui termine son Tour du Monde, je reste admiratif devant son épopée et je ne parviens pas à la saluer avec tout ce monde. Tant pis, je me dis que la féliciterais par mail ou sur son blog.
Arrive l’heure du semi-marathon, je passe les 21,1 kilomètres aux alentours de 1h56 à ma montre. Le temps officiel indique 2h06, ce qui est normal puisque j’ai mis 10 minutes à passer la ligne de départ.
Je continue tranquillement aux alentours de 11km/h et un peu plus de 5 minutes au kilomètre, en attendant le fameux mur du 30e dont j’ai tant entendu parler jusqu’ici.
Le passage sur les voies Georges Pompidou est délicat à aborder, ça descend, puis ça remonte, puis ça redescend, puis ça re-remonte sous oublier au passage les interminables tunnels parisiens. En voiture ça doit aller vite, mais en courant c’est une autre histoire.
J’aperçois au loin la Tour Eiffel et je sais pertinemment que le 30e kilomètre est là-bas. Mon fan club est au pied du Trocadéro et j’ai hâte de les voir, car jusqu’ici je n’ai vu aucun visage familier pour me donner une motivation supplémentaire. Les nombreux spectateurs m’encouragent plusieurs fois en citant mon prénom (il est sur le dossard), mais ce n’est pas pareil.
Je passe le 28e kilomètre et j’arrive doucement dans le dernier tiers du parcours.
C’est alors que mon genou gauche se réveil. Si vous suivez un peu mes aventures, c’est celui qui me titillait un peu il y a environ 2 semaines. J’espère juste que cela ne va pas empirer.
Je passe le panneau 30 kilomètres et je dois avouer que ce n’est plus si facile qu’au départ. Je vois au loin deux affiches sur la gauche ou il y a marqué « Allez Steph« . Je baisse les yeux et je vois ma Cathy en train de scander mon nom, ça me fait énormément de bien. J’ai pris une bouteille d’eau au dernier ravitaillement, donc je me permets de faire une petite pause au niveau de ma chérie.
Je bois quelques gorgées et j’échange quelques paroles avant de repartir. Cela n’aura pas durée plus d’une minute, mais ça m’a remotivé pour le reste de la course.
Je commence à sentir la fatigue musculaire en passant dans le 16e arrondissement, je n’ai par contre aucun problème de sucre, de force ou de quoi que ce soit, c’est simplement physique. Le mur du Marathon commence à faire son effet et mon genou me tire un peu. Je sens également une légère douleur en bas du dos, mais c’est supportable.
A part ça je me sens bien, mes Gel Stratus et mon Polar RS200 suivent le rythme sans problèmes.
Le meneur d’allure 4 heures me dépasse aux environs du 33e kilomètre. Je suis sur un rythme plus faible qu’au départ et maintenant cela va être dur pour repasser sous la barre des quatre heures. Ce n’est pas grave, cela ne m’affecte pas car mon objectif est de finir cette course.
J’arrive dans le bois de Boulogne et la foule autour de moi n’a pas diminuée depuis le départ. Sur la droite il y a Roland-Garros puis sur la gauche au fond il y a le Parc des Princes, c’est cool par ici.
Je prends un petit coup au moral lorsque le parcours laisse entrevoir le 41e kilomètre, alors que j’en suis qu’au 37e. La boucle fait que l’on croise de loin ceux qui sont en train de finir. Je me dis que je ne vais pas tarder à y arriver, mais après tout ces kilomètres c’est plus difficile de se faire une raison.
Allez Steph, tu cours ton premier Marathon. Beaucoup de personnes vont être fières de toi après cette course, ce n’est pas le moment de baisser les bras. Je continu à courir cette magnifique course, en pensant au bonheur de l’arrivée.
Sur la fin quelques ravitaillements sont originaux. Il y a le Marathon du Beaujolais, du Médoc et d’Alsace qui sont là pour faire découvrir leurs courses et leurs produits du terroir aux participants. On me tend un verre de vin rouge, non merci mais dans une demi heure avec plaisir.
Les minutes et les kilomètres défilent jusqu’à l’avenue Foch. Les spectateurs sont derrières des barrières pour le respect des coureurs et je suis dans la course, c’est énorme car c’est comme à la télé !
Je passe le kilomètre 42 et je vois la ligne d’arrivée au bout, ces 195 mètres sont interminables. Ils durent une éternité, je ne fais pas attention à la foule pressée tout autour, il y a des milliers de personnes mais je ne les entends pas, je fixe la fin de la course.
Puis j’arrive enfin, je lève les bras et me soulage en criant un bon coup : je suis Marathonien. Des sensations exceptionnelles et uniques me traversent : de la joie, de la douleur et de l’épuisement.
Ce n’est pas terminé car il faut encore rendre la puce de chronométrage, récupérer ma médaille, un ravitaillement et sortir de toute cette foule. Cela dure quelques minutes, mais je pense à m’étirer avant, histoire de ne pas souffrir inutilement les jours suivants.
Je rejoins Cathy, Delphine et Romain à notre point de rendez-vous et je m’assois deux minutes pour me reposer. C’est intense tout cette fatigue et cette joie en même temps.
Après quelques photos je rentre à Suresnes pour me doucher et manger un bout, avant de reprendre le train pour Lyon.
Ce premier Marathon est une totale réussite pour moi, j’ai découvert ce que c’était et je peux dorénavant me concentrer sur mes futurs 42,195 kilomètres. Car j’attendais de voir comment j’allais finir et réagir pour me fixer d’autres objectifs sur la distance reine.
Cette année ma prochaine course est dans moins de deux mois à Aix-en-Provence, je ne courrai plus de Marathon avant 2010 et je vais essayer d’améliorer quelques points de détails techniques par rapport à mes allures et aux fatigues physiques que j’ai ressenti dans le genou et dans le dos.
Cette semaine je me repose avant de reprendre la course ce week-end sans trop forcer pour le moment.
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G-E-N-I-A-L !
J’étais effectivement persuadé que tu réussirais à la faire, mais là j’en ai la confirmation, donc c’est parfait
félicitations mon grand, à ton prochain marathon de Paris, je ferai parti des gens qui t’encourageront ^^
@titlap Merci !
Je t’attend alors pour ma prochaine participation à Paris. Ce ne sera par contre pas l’année prochaine, car j’ai quasiment déjà planifié 2010 et je serais trop court pour avril de cette année là.
[...] J’ai goûté à ce moment unique de démarrer une course imprévisible, qui est faite de joie et de douleur pendant 42,195 kilomètres. Un coureur peut être en excellente forme au moment du départ, mais il ne peux pas prévoir ce qui va se passer pendant son effort, c’est aussi ce qui fait le charme de cette épreuve. [...]
[...] 4/5 kilomètres, la réalité revient vite. Il faut gérer sa course et terminer ce Marathon. J’ai terminé en un peu plus de 4 heures, et mon départ n’était pas forcément très rapide, j’ai su gérer malgré [...]
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